La classique du printemps-Tuckerman’s Ravine

Pour beaucoup de skieurs au Québec, la saison 2016-17 est fini et les skis ont pris la place du vélo dans le fond du cabanon. Grave erreur. Sortez vos vélos, certes, mais gardez vos skis pas trop loin; les chutes de neige tardives partout sur le Nord-Est ont assuré une excellente base pour le ski de printemps. Bien que les montagnes ferment les unes après les autres au Québec, on en retrouve des irréductibles de l’autre côté de la frontière qui veulent étirer la sauce jusqu’aux mois doux de l’été.

Sans aucun accès à des télésièges cependant, c’est le cas du fameux Mont Washington qui attire année après année des milliers de touristes et d’adeptes de hors-piste. Habituellement, à ce temps ci de l’année, la moitié inférieure de la Tuckerman’s Trail n’est pas praticable en ski faute de neige mais cette année, pour faire exception à la règle, on peut enfiler ses skis directement à partir du stationnement et commencer à monter immédiatement. Il faut dire que le Tuckerman’s Ravine reçoit toute la neige soufflée du sommet ce qui en fait une cuve assez bien bouchée assez rapidement.

Des voitures à perte de vue, tous les stationnements pleins….

Le pèlerinage s’entame avec une ascension d’environ 1 heure et demi ou 2 heures dépendant du rythme, vers la base du Mont Washington pour rejoindre la hutte des gardes parc. Le chemin est praticable autant en chaussures de marche qu’en peaux de phoque, donc pas besoin d’être équipé en peaux de phoque pour y monter. J’ai d’ailleurs croisé beaucoup de randonneurs qui m’on avoué que c’était leur première fois en ski hors des sentiers battus… pas sûre qu’ils savaient exactement dans quoi ils s’embarquaient. Heureusement qu’à ce temps-ci de l’année le risque d’avalanches est presque nul mais en pleine période hivernale, impossible d’y monter si on n’a pas le minimum d’équipement de survie en avalanche ; le terrain est un terreau très fertile aux déclenchements étant donné son angle assez aigu et une quantité de neige reçue plutôt considérable.

Une fois enfin arrivé à la hutte, on se récompense avec la vue sur l’impressionnant massif qui s’étend devant nous et on en profite pour prendre une petite pause avant de commencer la vraie ascension. À partir d’ici, on peut presque ranger les peaux et se mettre en mode bootpack car à une centaine de mètres on retrouve les marches en roche qui mènent jusqu’au bas du bol. C’est alors là que le vrai fun commence.

C’est rendu au pied du cirque de Tuckerman qu’on commence a prendre conscience du réel degré d’inclinaison de la pente et de l’immensité du terrain skiable disponible. Trop à pique pour monter en peaux, tous les chemins se font à pied avec ses skis sur le dos. Évidemment, étant tellement à pique, les chemins d’ascension sont assez efficace. Un bon rythme vous permettra de vous rendre en haut du cirque en à peu près 35-40 minutes. Attention de vous garder de l’énergie pour la descente par contre. Beaucoup de gens semblent oublier que tout ce qui monte redescend et particulièrement à ce temps-ci où la neige est molle et lourde, après avoir monté plus de 2 heures les virages ne se prennent plus avec autant d’aisance.

Une fois au sommet du cirque, on aperçoit de très proche l’anté-cime et la cime du mont Washington qui se dresse devant nous. Les plus braves (surtout les plus en forme) vont monter jusqu’en haut complètement où la vue est vraiment la plus belle et pour ajouter quelques secondes de plus à leur descente et très probablement prendre un selfie de qualité au sommet. Pour ma part et ceux avec qui j’étais, le sommet de Tuckerman’s Ravine était amplement suffisant. Ce n’est que partie remise par contre….

Mes fidèles compagnons

WildCat Resort vue au loin. L’enneigement est encore très bon pour ce temps-ci de l’année

Sommet Mt Washington

On peut apercevoir une partie de la station météo au sommet

Les roches du sommet sont un endroit parfait pour prendre une petite gorgée d’eau et admirer la vue. On a été chanceux cette journée là il n’y avait presque pas de vent mais les habitués pourront confirmer, en période hivernale pendant une tempête de neige on se dépêche de redescendre pour ne pas partir au vent (ou presque). Ne perdez surtout pas votre téléphone ou votre bouteille d’eau. Ce n’est pas parce que l’on est sur un terrain moins escarpé que les risques de chute sont nuls. Si vous échappez quelque chose vous risquez de le retrouver en bas….si vous êtes chanceux.

Attention de ne pas perdre pied.

Je ne sais pas si c’est une combinaison de fatigue, neige lourde et de manque d’expérience, mais on a eu droit à toute une foule de skieurs qui ont décidé de faire leur vente de garage directement sur la piste. Malgré  cela, certains qui s’en sont mieux tirés ont réussi à garder le sourire comme ce planchiste qui a littéralement glissé jusqu’en bas peut en témoigner.

En conclusion, bien que beaucoup ont troqué les skis pour leur vélo à ce moment-ci de l’année, je dis aux irréductibles Arrêtez tout! Surtout ne vous laissez pas prendre au piège par le manque de neige en ville, que vous conduisiez 4 heures au Sud ou au Nord (surtout au Nord en fait), il reste encore suffisamment de neige pour rassasier n’importe quel skieur en manque de glisse (ou qui veut absolument travailler sur son bronzage de skieur). Ma saison s’achève mais je prévois encore aller skier quelques couloirs encore accessibles dans l’Est de la province, question de finir l’année en beauté et jumeler ski ET vélo dans le même week-end (le rêve quoi).

J’aimerais en profiter pour remercier ZoneSki de m’avoir permis de skier partout au Québec ainsi que tous les bénévoles de faire un travail incroyable de création de contenu et de transmettre votre passion du ski à l’ensemble des lecteurs.

Bonne fin de saison à tous et bonne fin de session à tous ceux qui comme moi étudient présentement leurs examens finaux. On se revoit assurément l’an prochain sur les pistes! D’ici là, ce sera sur la route ou dans les bois à vélo.

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Félix LeBlanc

Félix est un passionné du ski, de la technologie et de l'art visuel. Curieux de nature, il se garde bien informé sur tout ce qui touche de près ou de loin ses passions et tout comme Ron Fournier, adore "donner son deux cents" à ses lecteurs. Chasseur de tempêtes pour tracer les plus beaux sous-bois de la province, il vit par la prémisse "Ta pire journée de ski est toujours meilleure qu'une journée ordinaire au travail".