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Choisir la région pour la qualité de vie

Posté par Pete Powder, 23 October 2012 · 584 visite(s)

Choisir la région pour la qualité de vie L'an passé, en lisant le livre Des traces dans la neige de Danielle Soucy, je suis tombé sur la citation d’un prêtre, Marcel de la Sablonnière (photo ci-contre), énoncée comme suit :

« L’homme d’aujourd’hui se sent mutilé dans ses besoins essentiels. Il étouffe dans les villes. Il a besoin d’air pur, de mouvement, de la blancheur immaculée de la neige » (Marcel de la Sablonnière**, 4 novembre 1966).

Les années 1950 et 1960 ont vu la révolution industrielle québécoise et, conséquence directe, l’urbanisation du Québec était lancée. Les gens quittaient la campagne pour les villes, desquelles ils désiraient s’échapper la fin de semaine afin de retrouver le confort et le réconfort de la nature. Une sorte de retour à la terre momentané, que le père de la Sablonnière a bien mis en mots. Si les mœurs ont changé, il semble que ce désir de se retrouver dans la nature existe toujours chez nos contemporains.

Seulement, aujourd’hui, en 2012, avec la densification toujours grandissante des villes et, par le fait même, des autoroutes et autres voies de circulation, le citadin qui trouve réconfort dans la nature le temps de quelques heures, été comme hiver, se heurte souvent à une réalité bien moderne : les bouchons de circulation. Et inévitablement, le stress que comporte ce genre d’aléas génère un impact sur la qualité de vie.

Tenez, voici un exemple pas si lointain. Aimant la randonnée dans la nature mais restant à Trois-Rivières, où il n’y a pas beaucoup de montagnes avec un dénivelé intéressant, je m’exile souvent le temps d’une journée dans les régions de Québec, Charlevoix ou l’Estrie (une habitude qui vaut pour l’hiver aussi). Un beau samedi d’août, je me rends pour une randonnée dans les massifs du Mont Sutton, un endroit que j’apprécie particulièrement. Une journée relaxante, parfaite pour se sentir zen…


Image attachée


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Après la journée, je décide d’aller visiter un ami à Montréal. Sur l’autoroute 10, je me heurte à ce qui semble être devenu la norme : le trafic dense à l’approche de la métropole, un amalgame de véhicules se dirigeant vers l’entonnoir d’un chantier de construction. Et me voilà pris au piège, dans un bouchon, avançant d’un kilomètre aux 15 minutes, durant 4 kilomètres. Il est 18h, le samedi. « On fait avec », dis-je en me demandant tout de même comment font les gens, après une belle journée à relaxer, pour systématiquement subir cela, et quel est l’impact sur leur qualité de vie.

Surtout que le voyage entre Sutton et Montréal, théoriquement moins long qu’entre Trois-Rivières et Sutton (90 minutes contre 2h15) m’a pris autant de temps, sinon plus. Si, comme le père de la Sablonnière disait, les gens étouffent dans les cités, alors aujourd’hui ils étouffent également dans leur char avant même d’arriver à la ville.

Enfin, une heure plus tard, je retrouve ma vitesse de croisière…

Je vous lève donc mon chapeau (ou ma tuque, c’est selon la saison), chers compatriotes montréalais. Même si je fais globalement plus de kilométrage que vous pour skier, on dirait que le temps paraît moins long lorsqu’on roule.

Cela dit, où je veux en venir?

J’en parle parce que les gens me demandent souvent pourquoi j’ai choisi de rester à Trois-Rivières, surtout lorsque j’étais à la recherche d’emploi après mes études. En effet, pour un poste d’affiché à Trois-Rivières dans mon domaine professionnel, il y en avait des dizaines probablement plus payant à Montréal. En plus, je me rapprocherais des montagnes que j’aime et le Vermont devenait tout à coup beaucoup plus accessible. J’en suis moi-même venu à me questionner à savoir si je ne devais pas déménager à Montréal.

J’ai fini par trouver ma réponse au fil des ans. Certes, je suis plus loin des montagnes que les gens qui restent dans d’autres pôles urbains comme Montréal, Québec ou Sherbrooke. En contrepartie, je suis aussi au « cœur du Québec » (c’est comme ça qu’on désigne la Mauricie).

L’avantage, malgré qu’il faille que je fasse davantage de route, consiste à pouvoir accéder bon an mal an à la blancheur immaculée de la neige (pour reprendre encore une fois les termes du père de la Sablonnière), ce qui devient particulièrement intéressant lorsque la substance en question est poudreuse… Les deux derniers hivers m’ont donné raison : la saison 2010-2011 a vu l’Estrie et la Nouvelle-Angleterre recevoir des quantités de neige enviables, alors que celle de 2011-2012 a choyé la région de Québec. Alors, à moi de choisir la direction au gré des soubresauts de Dame Nature.

Et heureusement, comme dans toutes les régions du Québec, il y a un fait non négligeable : cette petite-station-près-de-chez-nous (dans mon cas Vallée-du-Parc) me permettant d’aller me dégourdir les jambes après une journée de travail sans me soucier du trafic.

Tout cela mis ensemble fait partie de la qualité de vie… et contribue à rester zen après avoir échappé à la ville, l'été comme l'hiver qui s'en vient!


** Marcel de la Sablonnière (21 mai 1918 - 20 novembre 1999) est une personnalité religieuse qui a consacré son temps à la création d'activités en vue d'éloigner les jeunes de l'oisiveté et de les rendre plus actifs par les loisirs et le sport.




Ha bon sang j'aurais envie de quitter Montréal....si je pouvais pratiquer mon métier n'importe où, la question ne se poserait même pas. Ce serait près d'une montagne. Le mieux que je pourrais faire est déménager à Québec, ce qui ne serait pas désagréable. Pas le traffic de Montréal, et des très belles stations à seulement 20-30 minutes. J'y songe de plus en plus.
@Theblob
Méfie toi de Québec. Avec les réparations on se croirait à Montréal. Heureusement je peux pratiquer mon métier à Québec et moi aussi, pour la qualité de vie, je ne voudrais pas aller à Mourial!
@Pierre
Je suis sur la rive sud de Québec et mon horaire me fait commencer le travail à 9h30 la plupart du temps alors je n'ai pas de misère avec la circulation. Sauf quand je dois aller en ville tôt ou revenir à la maison pendant l'heure du trafic... Moi aussi j'aime bien le fait que je puisse aller skier le soir sans embouteillage. Le Relais est à 20 minutes de la maison, Stoneham 30 et le Mont Sainte-Anne 45.
Mais dans la région de Mtl on peut aussi aller skier le soir presque sans trafic. Mont-St-Bruno pour quelqu'un de Longueuil ou Bromont pour les gens de la rive-sud. Et si vous demeurez à Blainville, St-So est proche et la route est facile.
Alors oui je suis d'accord avec toi Pierre, la qualité de vie, la possibilité de se remplir les poumons d'air frais est facile. Mais combien restent chez eux le soir au lieu de faire comme nous et aller skier.
Et au risque de me faire détester par les gens de Trois-Rivières... lisez jusqu'à la fin SVP, Il y a 30 ans, Trois-Rivières était une ville laide, ça puait la pulpe de bois, le centre-ville était moche! Aujourd'hui, la ville, son centre ville, est magnifique. Ça bouge, c'est propre et oui, il y a une belle qualité de vie.
Merci pour ton texte monsieur Poudre!

Jacques B
J'ai bien l'impression que la vision de Marcel de la Sablonnière est, et sera toujours à jour, un peu comme David Henry Thoreau à Walden Pond. Je me compte un peu chanceux de ne pas subir le traffic de Québec, j'ai les rivière St-Charles et Duberger dans ma cour arrière et je travail à seulement 10 minutes de chez moi. Mais je comprends perfectement la situation de La Comète ( Jacques B.) J'ai travaillé 25 ans sur la rive-sud de Quebec( sens contraire du traffic) et même à ça, c'est maintenant rendu l'enfer le traffic. Mais je pense que c'est seulement temporaire car les travaux vont un jour être terminés et la situation devrait se résorber. Dû moins, je l'espère pour tous les Marcel de la Sablonnière des temps modernes.
Merci pour vos commentaires!

Québec est moins pire que Montréal, c'est sûr, mais ça s'en vient limite quand même. Quand je reviens du Mont Sainte-Anne ou de Charlevoix et que je passe par Québec à l'heure de pointe, les bouchons de circulation sont rares mais le trafic est dense... Le pire, c'est pour aller au Massif du Sud... Le vendredi, par exemple, je passe souvent par Québec avant le trafic, mais au retour c'est l'enfer pour traverser les ponts. Heureusement, j'ai toujours l'option de continuer sur la 20 et d'aller prendre la 55...

@Jacques: effectivement, Trois-Rivières, c'était pas chouette dans les années 1980-1990. Maintenant, c'est beaucoup mieux.

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