Il était une fois, un 1er de l’an 2012, où les gens ayant moins festoyé la veille se retrouvèrent quelques-uns pour glisser sur les pentes du Massif de Charlevoix. En arrivant tôt pour l’ouverture à 8h30, ils furent pris d’une panique incroyable en constatant que le Massif avait perdu ses couleurs. Bien plus que les couleurs, Le Massif avait aussi perdu son grand et fidèle compagnon, Le St-Laurent !
Comment une telle chose s’était-elle produite pour que ce lieu tant prisé pour sa beauté naturelle soit soudain privée de son charme ? étant présent ce matin là, je proposai aux quelques braves disponibles de tenter de trouver la solution en parcourant le domaine en long et en large. Peut-être la montagne offrirait-elle la réponse à cette énigme ?
Chose certaine, les conditions de recherche étaient plutôt difficiles, la visibilité étant souvent réduite à 10 mètres. La neige damée et ferme, bien qu’en bonne quantité, laissait parfois percer la glace et le grésille couvrait les lunettes au cœur du nuage gris. Qu’à cela ne tienne je dévalais les meilleurs pentes disponibles, Petite Rivière, Lavoie, Combe et l’Ancienne et ce à plusieurs reprises. Les remontées allaient bon train, sans affluence, grâce au télésiège quadruple et à la télécabine.
Soudain, au hasard des remontées, je constatai des traces inhabituelles sur la vitre givrée du Massif Express. Des empreintes humaines témoignant sans doute d’une lutte nocturne féroce et d’une tentative d’escapade ? Aussi, sarcastiquement, des vœux de Bonne année furent gravés sur la vitre opposée. Que s’était-il passé ?
Un guide de montagne, attendant au sommet, suggéra de consulter les anciens, dont on rencontre à l’occasion les âmes skieuses à travers bois. Il m’amena à leur cache de la Vieille Côte où ceux-ci aiment se retrouver pour surfer sur la neige naturelle. Et comme promis, ils étaient là ! Requérant leur aide je leur expliquai la situation pour laquelle ils se consultèrent un moment.
Après quelques minutes ils vinrent à la conclusion que la seule façon de redonner la couleur au Massif était de demander l’aide du petit Félix de Charlevoix, un de leurs amis et fidèle skieur. Car le petit Félix, avait le pouvoir de tous les enfants de ne jamais perdre ses couleurs et par lui la montagne saurait reprendre sa beauté. Ils m’accompagnèrent tout au haut des 710 mètres de la Grande Pointe, endroit préféré du petit Félix lorsqu’il s’élance sur les pistes.
Et devinez quoi ? Il était là tout en couleur à travers la grisaille !
Aucunement surpris de ma quête, il m’expliqua que le Massif est souvent privé de ses couleurs de par son amitié avec le St-Laurent. « Suivez-moi, je sais comment les raviver », me dit-il en amorçant quelques virages. Aussitôt, sur ses traces la couleur commença à réapparaître comme par enchantement. Et plus nous descendions la montagne plus la nature reprenait vie.
C’est ainsi que le Massif retrouva sa nature en paix avec le St-Laurent, grâce au petit Félix de Charlevoix. Les skieurs sur place ce jour là s’en trouvèrent ravis.
Je compris alors qu’il ne faut jamais se décourager si l’hiver n’arrive pas assez vite et que la neige tarde sous les nuages gris et pluvieux car toutes les montagnes ont un petit Félix qui s’occupe d’y mettre de la couleur peu importe le temps.
Skiez heureux mes amis en cette année 2012
Mon IPG aujourd'hui: 6/10













